Le contrat pour étudiant arrive souvent au dernier moment. Or l’âge du jeune, son statut et sa nationalité changent tout. Voici les contrats possibles et les vérifications à effectuer avant de signer.

Contrat pour étudiant : quel choix, et quelles règles respecter ?

Un jour, un manager vous demande de trouver « quelqu’un pour quelques heures par semaine ». Un remplacement, une mission ponctuelle, un coup de main pendant les vacances. Dans ces situations, la question du contrat arrive souvent après coup. Pourtant, elle conditionne tout le reste. Le bon choix dépend d’abord du besoin, puis du statut de l’étudiant, de son âge et de sa nationalité.

Quel contrat retenir pour embaucher un étudiant ?

Les contrats de droit commun

Un étudiant peut être embauché en CDI, en CDD ou en contrat de mission temporaire. Le CDI s’impose lorsque le besoin est durable, même si le salarié ne travaille qu’à temps partiel.

Le CDD répond à un besoin temporaire que la loi énumère : remplacement, accroissement temporaire d’activité ou emploi saisonnier. C’est l’article L.1242-2 du Code du travail qui pose cette liste.

Encore faut-il le rédiger correctement. Le CDD doit être écrit, signé et remis au salarié dans les deux jours ouvrables suivant l’embauche. Il précise le motif, le poste, la rémunération et la durée du travail. Sans terme précis, il doit au moins indiquer une durée minimale ou une date de fin.

Les contrats en alternance

Le contrat d’apprentissage associe un emploi en entreprise et une formation en centre de formation d’apprentis. Il concerne en principe les 16 à 29 ans révolus. Des exceptions existent, notamment pour les personnes reconnues handicapées, les sportifs de haut niveau ou les créateurs d’entreprise.

Le contrat de professionnalisation s’adresse aux 16 à 25 ans révolus qui veulent compléter leur formation initiale. Il reste ouvert à certains demandeurs d’emploi de 26 ans et plus, ainsi qu’aux bénéficiaires de minima sociaux ou de contrats aidés. Il peut être conclu en CDD, en principe pour 6 à 12 mois, ou en CDI.

La différence avec un emploi étudiant ordinaire tient à une chose : l’alternance impose une formation qualifiante et un calendrier partagé entre l’entreprise et l’organisme de formation.

Quelles règles de rémunération appliquer ?

Emploi ordinaire

Depuis le 1er juin 2026, le Smic horaire brut s’élève à 12,31 euros. Pour 35 heures par semaine, cela fait 1 867,02 euros bruts par mois. Un étudiant majeur touche au minimum ce montant, sauf si le salaire minimum conventionnel de l’emploi est plus favorable.

En principe, un CDD ouvre droit à une indemnité de fin de contrat égale à 10 % de la rémunération brute totale. Elle n’est pas due si le CDD est conclu avec un jeune pour une période comprise dans ses vacances scolaires ou universitaires.

Alternance

Le salaire minimum d’un apprenti dépend de son âge et de l’année du contrat. Pour 2026, le tableau ci-dessous donne les montants.

Année du contrat Moins de 18 ans 18 à 20 ans 21 à 25 ans 26 ans et plus
Première année 27 % du Smic 43 % du Smic 53 % du Smic ou du minimum conventionnel 100 % du Smic ou du minimum conventionnel
Deuxième année 39 % du Smic 51 % du Smic 61 % du Smic ou du minimum conventionnel 100 % du Smic ou du minimum conventionnel
Troisième année 55 % du Smic 67 % du Smic 78 % du Smic ou du minimum conventionnel 100 % du Smic ou du minimum conventionnel

En contrat de professionnalisation, le salaire varie selon l’âge et le niveau de qualification déjà obtenu :

  • Avant 21 ans : 55 % du Smic si le diplôme est inférieur au baccalauréat, 65 % s’il lui est égal ou supérieur.
  • De 21 à 25 ans : 70 % du Smic si le diplôme est inférieur au baccalauréat, 80 % s’il lui est égal ou supérieur.
  • À partir de 26 ans : le Smic, ou 85 % du salaire minimum conventionnel si cette valeur est plus favorable.

Fiscalité des revenus étudiants

Un étudiant âgé de 25 ans au plus au 1er janvier de l’année d’imposition peut être exonéré de ses salaires, dans la limite de trois fois le Smic mensuel. Pour les revenus perçus en 2025, ce plafond est de 5 405 euros. Seule la part au-delà est imposable.

Quelle durée de travail prévoir ?

Pour un salarié à temps plein, la durée légale du travail reste fixée à 35 heures par semaine. Elle sert de repère pour calculer les heures supplémentaires. Elle n’empêche pas un étudiant de travailler 35 heures, notamment pendant les vacances.

  • Durée maximale : 10 heures par jour et 48 heures sur une même semaine, avec une moyenne de 44 heures sur douze semaines consécutives, sauf dérogations encadrées.
  • Temps partiel : à défaut de règle conventionnelle différente, la durée minimale est de 24 heures par semaine. Un étudiant de moins de 26 ans qui poursuit ses études peut toutefois demander par écrit une durée inférieure, compatible avec son emploi du temps. Cette demande doit venir du salarié.
  • Heures complémentaires : celles effectuées au-delà de la durée prévue au contrat à temps partiel, majorées dès la première heure selon le Code du travail ou la convention collective.

Les apprentis et les salariés en contrat de professionnalisation suivent les mêmes règles de durée que les autres salariés. Les heures passées au CFA ou en formation théorique comptent dans l’horaire de travail. Elles sont rémunérées.

Un étudiant étranger titulaire d’un visa long séjour valant titre de séjour, ou d’une carte de séjour étudiant, peut travailler jusqu’à 964 heures par an, soit 60 % de la durée annuelle légale. Aucune autorisation de travail supplémentaire n’est nécessaire. Le plafond se calcule sur la période de validité du titre, pas forcément sur l’année civile.

Quelles formalités accomplir à l’embauche ?

Embauche ordinaire

Trois formalités se succèdent pour un étudiant embauché en emploi ordinaire :

  1. Déclaration préalable à l’embauche (DPAE) auprès de l’Urssaf : elle peut être transmise au plus tôt huit jours avant l’embauche et doit parvenir avant la prise de poste ou le début de la période d’essai.
  2. Registre unique du personnel : l’étudiant y figure dès son arrivée.
  3. Visite d’information et de prévention : elle a généralement lieu dans les trois mois suivant la prise de poste, sauf situation nécessitant un examen préalable.

Contrats en alternance

Le contrat d’apprentissage se rédige sur le formulaire Cerfa prévu à cet effet. L’employeur et l’apprenti le signent. Si l’apprenti est mineur, son représentant légal le signe aussi. L’employeur désigne enfin un maître d’apprentissage, qui suit la formation en entreprise.

Le contrat, la convention de formation et, si nécessaire, la convention tripartite partent vers l’OPCO, l’opérateur de compétences. Il faut les envoyer au plus tard cinq jours ouvrables après le début d’exécution du contrat. L’OPCO dispose ensuite de 20 jours pour décider de la prise en charge.

Étudiant étranger : quelles vérifications effectuer ?

Vous n’avez rien à demander si votre étudiant vient de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou de Suisse. Il peut travailler sans titre de séjour ni autorisation. Son activité doit toutefois rester accessoire par rapport à ses études.

Les étudiants algériens relèvent d’un régime à part, fixé par l’accord franco-algérien. Ils doivent obtenir une autorisation provisoire de travail. Ils peuvent travailler dans la limite de 50 % de la durée annuelle pratiquée dans leur branche ou leur profession.

Avant l’embauche, demandez à la préfecture compétente de vérifier l’authenticité du titre. Faites-le au moins deux jours ouvrables avant la date prévue. Gardez la réponse. Puis vérifiez que le titre, la durée du contrat et le volume d’heures prévu sont cohérents entre eux.

Contrat de travail ou stage : comment faire la différence ?

Un stage doit s’inscrire dans un cursus pédagogique. Il fait l’objet d’une convention signée par l’étudiant, son établissement et l’organisme d’accueil. Vous y découvrez un métier. Mais le stagiaire ne remplace pas un salarié. Il n’occupe pas un poste permanent et ne comble pas un surcroît d’activité.

Quand les missions, les horaires et le lien de subordination ressemblent à ceux d’un salarié, le risque de requalification grimpe. Le juge peut alors transformer la convention en contrat de travail. Il peut aussi réclamer les salaires, les congés et les cotisations correspondants.

Au-delà de deux mois de présence effective, soit plus de 308 heures dans la même année scolaire ou universitaire, la gratification devient obligatoire. En 2026, elle s’élève à 4,50 euros au minimum par heure de présence effective. Elle se verse chaque mois.

Quels coûts et avantages pour l’employeur ?

Coût d’un emploi salarié

Le coût d’un étudiant salarié réunit le salaire brut, les cotisations patronales, les congés payés, la complémentaire santé et, selon le contrat, l’indemnité de fin de CDD. La réduction générale dégressive unique, la RGDU depuis 2026, allège les cotisations patronales jusqu’à trois Smic. Elle est maximale au Smic et nulle à trois Smic.

Aides à l’alternance

Pour les contrats d’apprentissage conclus à partir du 8 mars 2026 et débutant avant le 1er janvier 2027, le montant de l’aide dépend de la taille de l’entreprise et du niveau du diplôme :

  • Moins de 250 salariés : 5 000 euros pour les niveaux 3 et 4, 4 500 euros pour le niveau 5, 2 000 euros pour les niveaux 6 et 7.
  • 250 salariés et plus : 2 000 euros pour les niveaux 3 et 4, 1 500 euros pour le niveau 5, 750 euros pour les niveaux 6 et 7. L’aide est versée au titre de la première année d’exécution du contrat.

Pour un apprenti en situation de handicap, l’aide peut atteindre 6 000 euros au maximum, quelle que soit la taille de l’entreprise ou le niveau du diplôme. Elle peut se cumuler avec certaines aides liées au handicap.

Reste à chiffrer le coût réel. Il dépend de l’âge, du nombre d’heures, de la convention collective, du niveau de formation, de la durée du contrat et de l’aide applicable. C’est en croisant ces paramètres, pas en regardant le seul salaire affiché, qu’on mesure ce que coûte vraiment un étudiant.

Avant de signer, vérifiez le motif exact du recours et, pour un étudiant étranger, la validité de son titre de séjour. Une erreur sur l’un ou l’autre peut transformer un simple coup de main en litige.

Foire aux questions

Quel est le salaire d’un contrat étudiant de 20 heures par semaine ?

Pour un étudiant majeur payé au Smic, 20 heures par semaine représentent environ 1 067 euros bruts par mois.

Le calcul : 20 heures × 52 semaines, divisées par 12 mois, puis multipliées par le Smic horaire de 12,31 euros. Une convention collective peut prévoir un montant plus élevé.

Quel contrat pour 15h par semaine ?

Oui, si l’étudiant a moins de 26 ans et poursuit ses études, un contrat de 15 heures est possible.

En principe, le temps partiel démarre à 24 heures par semaine. Le salarié doit en faire la demande écrite, en précisant une durée compatible avec ses cours.

Quel salaire net pour 15 heures par semaine ?

Le net dépend des cotisations, de la mutuelle, de la convention collective et de la situation fiscale du jeune.

Au Smic horaire de 12,31 euros, 15 heures par semaine donnent environ 800 euros bruts par mois, avant prélèvements.